Flambée islamophobe. Jusqu’à quand ? Jusqu’où ?

Le vent mauvais qui souffle sur les droits et libertés des personnes musulmanes attise des flammes qui ne manqueront pas de tout emporter avec elles. Jusqu’à quand et jusqu’où va-t-on laisser faire ?

Comment trouver les mots justes pour évoquer l’actualité des derniers jours sans tomber dans une forme de catastrophisme ? Les informations qui nous parviennent ont pourtant de quoi alarmer.

Après la mise en scène obscène de la traque policière de Hassan Iquioussen, le ministre de l’Intérieur a dressé une liste (fâcheux précédent) d’imams expulsables ad nutum. Deux décennies après George Bush, le voilà qui endosse le costume de shérif. Les risques sont pour lui assez limités.

Dans l’esprit du public, un imam est toujours suspect et un peu coupable de quelque chose. Même les imams qui ont appelé en avril dernier à voter Macron (malgré la brutalité de son premier quinquennat), sont aujourd’hui dans le viseur de l’exécutif. L’humiliation, jusqu’au bout.

Dans la nuit du 2 au 3 septembre, la mosquée de Rambouillet (78) a été totalement détruite par un incendie d’origine vraisemblablement criminelle. En plus d’avoir vu leur lieu de prière ravagé par les flammes, les fidèles ont dû subir la condamnation de l’acte par… Gérald Darmanin.

A Valence, dans la Drôme, une école musulmane hors contrat qui a bénéficié de la vente par la mairie d’un terrain qui lui permettrait de déménager et d’offrir à ses élèves un espace d’accueil plus grand, voit cette vente remise en question par la mairie, mise sous pression par la Préfecture.

A Villeurbanne (69), une école doit fermer temporairement pour des travaux de mise en conformité après une inspection tatillonne des services de l’Etat. Si les écoles publiques de France devaient subir la même rigueur administrative, plus de la moitié d’entre elles serait obligée de fermer.

Nous pourrions égrener longtemps les avancées au cours des derniers jours de l’entreprise d’éviction des musulmanes et musulmans de l’espace politique et de démantèlement de leurs structures.

Une répression à bas bruit, qui s’opère dans l’indifférence générale. En dehors des cercles musulmans, peu de forces politiques semblent prendre la mesure de la catastrophe démocratique qui est déjà là.

Le vent mauvais qui souffle sur les droits et libertés des personnes musulmanes attise des flammes qui ne manqueront pas de tout emporter avec elles. Jusqu’à quand et jusqu’où va-t-on laisser faire ? L’ampleur des dégâts sera à la hauteur de notre passivité.

Rafik Chekkat

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