Iquioussen : la victoire de l’islamophobie sur le droit

Le bras de fer en cours a valeur de test. Il va déterminer en grande partie l’intensité des prochaines attaques contre les droits et libertés.

L’exécutif passe en force, le Conseil d’Etat valide. Après les dissolutions du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), de BarakaCity, de la Coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI), ou encore des éditions Nawa, toutes confirmées par le Conseil d’Etat, ce dernier vient une nouvelle fois de s’aligner sur la volonté de ségréguer de l’exécutif.

Le 28 juillet 2022, le ministre de l’Intérieur déclare vouloir expulser Hassan Iquioussen, et signe le lendemain l’arrêté d’expulsion ministériel. Saisi par l’imam, le juge des référés du tribunal administratif de Paris suspend l’arrêté d’expulsion, décision contredite ce mardi 30 aout par le Conseil d’État. Si ses voies de recours ne sont pas épuisées, l’imam est ardemment recherché.

L’habillage juridique pour donner un semblant de légalité à la mesure ne trompe personne. Avant que la décision du Conseil d’Etat ne soit connue, des perquisitions ont été menées au domicile et contre des proches de l’imam. Une répression impulsée par l’exécutif et qui vise à faire de la lutte contre le « séparatisme » un chantier majeur du deuxième quinquennat Macron.

C’est pourquoi le bras de fer en cours a valeur de test. Il va déterminer en grande partie l’intensité des attaques contre les droits et libertés. Si H. Iquioussen est expulsé vers le Maroc, des mesures similaires vont se multiplier contre d’autres imams (celui de Saint-Chamond avait été expulsé vers les Comores pour avoir cité un passage du Coran lors d’un prêche le jour de l’Aïd).

Dès l’annonce de la mesure prise contre Hassen Iquioussen, la mobilisation sur les réseaux sociaux a été forte et a permis d’entrevoir d’autres formes d’intervention. Un rassemblement est organisé à Paris ce samedi 3 septembre 2022 à 15h. Pour dire non à l’expulsion de H. Iquioussen et à l’islamophobie institutionnelle. Pour s’organiser, se fédérer, faire bloc.

Pour rappeler à toutes et tous que la légalité est affaire de pouvoir, non de justice.

Rafik Chekkat

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